Louison Ryser
En écrivant cette bio pour elle-même, Louison a l’impression de prendre un selfie un peu gênant dans sa salle de bain mais il fait avec et prend son courage à deux mains (parce qu’à force de tout trouver cringe, on finit peut-être par l’être). Enfant, Louison s’est souvent demandé si iel vivait dans une simulation. Cette hypothèse l’amène aujourd’hui à envisager le vrai avant tout comme une esthétique, une grammaire, et à éprouver une tendresse infinie pour les images qui mentent et les archives incomplètes. Dans le reflet du miroir, iel voit parfois sa peau partir en lambeaux – BODY HORROR – alors iel écrit des palimpsestes par- dessus ses tatouages, une langue maternelle au crochet version XXL. Avec l’Abri, iel rêve de générer des paysages artificiels dans lesquels organiser des contre-soirées.
Louison exerce comme dramaturge. Il aime le caractère épicène de ce terme, et le fait que personne ne sache vraiment de quoi il s’agit. Après une formation en cinéma/audiovisuel et en études théâtrales à la Sorbonne-Nouvelle, puis en dramaturgie à l’École du TnS, elle travaille aujourd’hui aux côtés de différent·es artistes en France et en Suisse romande, ainsi qu’au sein du collectif V.R.A.C.
Soucieux des récupérations et des extractions, il a également mené une recherche sur les paradoxes des politiques de « diversité » sur les scènes contemporaines dans le cadre d’un master à l’Université Paris-Nanterre.
Louison décline sa pratique selon les logiques du montage : regarder – choisir – couper – assembler – regarder encore. Elle y voit un outil à la fois esthétique et réflexif, un geste d’écriture autant qu’un moyen d’interroger nos régimes de vérité. En ce moment, elle s’intéresse aux fictions de l’ordre et enquête du côté du folklore militaire suisse, des bunkers, des apocalypses déjà advenues et de celles qui s’annoncent.
Lorsque vient l’heure de se coucher, elle se demande qui a bien pu décider qu’il fallait dormir 8h par nuit pour être productif et se met à imaginer une grève générale du sommeil. Durant ces insomnies, il explore les lieux culturels comme des terrains susceptibles de faire émerger de nouvelles formes de pensée collective.
Parfois, il partage les contes pour enfants terribles et adolescent·es dysmorphiques qu’il écrit dans l’obscurité. Accompagné des monstres qui logent sous son lit, il laisse les textes déborder, suinter et recouvrir les murs pour créer de nouvelles surfaces de lecture.