Marwan Hemma
Si Marwan compose et écrit seul, c’est tout une communauté qui habite son esprit. Chaque riff est pour lui un moyen de garder le lien social et politique qui le relie aux siens. Lorsqu’il est d’humeur ascète, il se lève à l’aube et aiguise une langue qui s’attaque au néo-libéralisme, à la censure, au racisme et à l’islamophobie qui traversent le milieu de l’art contemporain. Formé en musique classique et baroque, il a depuis appris à faire dérailler le français et sa voix d’ange pour en faire des instruments de résistance. Dans la foulée de son premier album HASSAN, il s’installe à L’Abri pour continuer de tailler son argot aux échos de vieux synthés YAMAHA et prépare un EP, un deuxième livre et un live performé pour nous faire pleurer et danser à la fois.
Marwan Hemma aka 7EMA est un musicien, compositeur et écrivain belgo-algérien. 7EMA est tiré de son nom de famille ﺣﻤﺔ "fièvre" en arabe.
Formé à la Hochschule für Musik de Bâle et à Bruxelles, il devient soliste en guitare classique et chanteur baroque. En 2024, tout bascule : il rejoint Caravane Tighmert, une résidence dans le sud du Maroc avec les musiciens sahraouis de la tribu Azwafit. Il quitte les scènes classiques et découvre une autre manière de faire musique : sociale, festive, collective. Ce contact reconfigure tout : sa voix, sa langue, ses outils.
De cette rupture naît HASSAN, son premier album, qui sort le 28 août 2026. Une musique électro-arabe produite dans son home studio en Suisse, composée entre Alger et l'oasis de Tighmert : raï, rythmes sahariens, électro-pop. Sa voix façonnée par l'Adhaan et teintée d'Auto-tune dit en dialecte algérien ce que le français ne peut pas. HASSAN parle des communautés, au Maghreb et en Europe, d'exil et d'amour. On arrive calme, on repart en sueur. On danse, on rit, on pleure, on se rappelle.
La même fébrilité traverse son écriture. Lauréat du prix tremplin de la Fondation Leenards pour son premier roman, La Voix Volée, Marwan y déploie son double Marwene : on le suit entre le Sahara, les conneries de ses frérots et l'État qui censure un chant.